Si vous prenez le temps d’observer chaque jour le dialogue interne que vous entretenez avec vous-même, vous vous apercevrez que 90% du temps il est négatif et tissé de doutes.
Vous doutez entre deux activités et vous doutez lorsque vous faites quelque chose ; en gros, vous doutez sans cesse. Cela peut être une bonne chose si vous aimez vous poser mille et une questions et perdre votre temps à passer la moindre chose au crible de votre critique intérieur. Si ce n’est pas le cas, on peut utiliser tout ce temps et cette énergie passés à douter en faisant avancer un projet. Au lieu de perdre une demi-heure de votre vie à vous lamentez, vous pouvez écrire. Au lieu de soupirer toute un après-midi que vous ne vous sentez pas « d’humeur » pour écrire, vous pourriez utiliser ce temps à creuser vos idées, à jeter des mots sur le papier sans prétention, juste pour jouer, chercher des rimes, écrire des paragraphes à l’emporte pièce. Certes, ça ne vous donnera pas votre futur roman, mais cela vous fera passer à autre chose et au final, vous aurez peut-être un début de texte ou une nouvelle.
Ces moments d’écriture peuvent aussi vous servir à vous « vider », à la manière d’un journal. Au lieu de ruminer vos pensées, vous les mettez sur papier et puis vous les oubliez. Chaque moment, chaque instant est le bon moment pour vous mettre à écrire. Faites-le sans vous mettre la pression, juste parce que là, maintenant, vous n’avez finalement rien de mieux à faire et que broyer du noir ne vous tente pas plus que cela.


et puis, écrire est toujours … écrire : journal, notes, lettres, blog : E-cri-re.
(mais sans que cela devienne un pensum non plus , ah ? Que dire de ces jours où je me botte le luc plusieurs fois pour m’y mettre ! Suis-je la seule ?
Chaque jour est un jour au cours duquel on vainc la « non écriture attitude », tout simplement parce qu’écrire, c’est… dur…
Donc non, pas la seule… Elizabeth Georges parle dans « Ecriture » de la « colle au cul », cette obligation qu’on s’impose d’écrire, encore, toujours, même si on rêve de la réaliser autant que de l’éviter…
Bizarre aussi deux sentiments contraires, comme le masque de Don Juan : parfois, le matin, reposée, seule, tranquille, relax, l’écriture me saute dessus. C’est le plaisir total, l’immersion. Ca peut durer jusqu’à 5 heures d’affilé.
Et parfois, l’opposé, la rogne et la grogne, les cent mille choses à faire soudain, que je découvre en urgence, enveloppées de culpabilité si je ne laisse pas tout – et surtout l’écriture – sur le champ. Sans rémission. Comme si « écrire » était la chose à abattre.
Et l’abandonner pourquoi ? des fleurs à planter ; bavarder avec une voisine ; téléphoner à une amie ou un enfant ; payer des factures ; laver la vaisselle ; ranger le placard ; ou, le pire : se plonger enfin dans le gros carton plein de lettres et photos ( daguerréotypes) datant de 1880 à l’après seconde guerre mondiale.
OU bien, ce que j’ai entrepris ce matin : faire un arbre généalogique pour les enfants. Le meilleur prétexte pour oublier l’écriture. I’m procrastineting !
Dur, certes, mais une renaissance.